• Le MAL radical

    Le Mal.... comme le diable, dont on sait que la plus grande ruse est de faire croire qu'il n'existe pas, cela fait sourire bon nombre de nos contemporains. "C'est bon pour le magasin des antiquités et des accessoires usagés".

    Il semblerait d'ailleurs que pour une philosophie dite "scientifique", comme celle qui a pu ou pourrait se développer ici ou là en secteur "analytique", le mal, comme le bien, ne soit une convention sociale...soumise donc à la relativité des groupes et des cultures, qui envahit le chap entier de la  pensée semble t'il. C'est à peu près le genre de thèses que soutient Reichenbach dans "Rise of scientific philosophy" (ouvrage tout à fait digne de louanges par ailleurs).

    Pour ma part j'ai prévu que le Mal existerait en notre siècle (le 21 ème) avec le maximum d'intensité (sous-entendu : compatible avec la continuation de la vie humaine) et je le maintiens.

    Par contre je m'interroge sur la possibilité, ou non, d'un "Mal absolu"...

    quel sens cela pourrait il prendre ?

    si l'on admet les thèses fondatrices de ce blog, selon lesquelles "l'Absolu" est l'expansion infinie de l'intelligence conduisant à l'absolu désintéressement de l'amour (ce qui constitue deux étapes successives, et l'ordre y est crucial), cela ne pourrait signifier qu'une sorte de "cassure" aboutissant à ce que l'expansion de l'intelligence ne conduirait pas au désintéressement absolu de l'amour.

    Essayons de cerner cela un peu plus précisément : cela pourrait par exemple signifier l'émergence d'une communauté poursuivant la recherche d'une science de plus en plus perfectionnée mais qui se "couperait" par cela même du reste de l'humanité, qu'elle envisagerait comme une humanité "inférieure", "encore et définitivement soumise aux superstitions anciennes" et qu'il serait par là même légitime d'asservir, voire d'éliminer, en tout ou en partie.

    Cette hypothétique "communauté" pourrait elle être d'ordre ethnique ? non, il ne semble pas, car le progrès de l'intelligence va de pair avec un amoindrissement et une disparition des caractères ethniques.

    Ou bien cela signifierait que l'humanité du futur , à supposer qu'elle ait encore une chance d'exister, perfectionnerait à la fois sa "globalisation" et son unification apparente (extérieure) par une disparition des frontières et des différences culturelles et linguistiques, et un métissage généralisé, tout autant que son habileté techno-scientifique, mais qu'il en résulterait une sorte de "guere de tous contre tous" (par une concurrence de plus en plus violente pour la richesse, l'énergie, l'eau, la nourriture, l'espace, l'air pur, etc...)....

    reconnaissons que nous n'avons pas de grands efforts à faire pour reconnaitre , à notre époque présente, des "prémisses" de ce second scénario... qui pourrait d'ailleurs coexister avec certains développements appartenant au premier type de scénario... par exemple une ou certaines ethnies ou populations seraient "supprimés" (de façon plus ou moins "violente" et préméditée, cela pourrait être par non intervention des peuples "plus avancés" pour sauver ces peuples "moins avancés", et soumis aux problèmes de pénuries en eau, aux inondations et aléas climatiques, etc...)au long du développement de l'humanité "globalisée".

    Cela serait il cependant le "Mal absolu" ?

    Ici je réponds fermement "non !" et je vais plus loin, dans le sens d'une thèse qui est la suivante : la notion de "Mal absolu" est inconsistante.

    Car un Mal Absolu serait un ...Absolu. Et il ne saurait y avoir deux Absolus différents, comme Spinoza en donne la démonstration dans l'Ethique. Cela voudrait dire que l'Etre absolu, la Réalité absolue, la Substance, est privation d'être, de réalité...

    il semble cependant que dans le cadre un peu différent qui a été choisi ici, où l'absolu est envisagé comme un "objet initial" à la manière de la théorie mathématique des catégories (cf article sur la fondation de la vérité), il n'en soit pas de même : car on sait que dans cette théorie il peut exister une infinité d'objets initiaux différents, la seule condition étant qu'ils doivent être "isomorphes", c'est à dire reliés par des morphismes inversibles.

    Seulement, l'absolu dont nous parlons ne peut être que de l'ordre de la Pensée (comme le dit aussi Hegel, qui définit "Dieu" comme "Pensée infinie" dans ses "Leçons sur les preuves de l'existence de Dieu"). Et être isomorphe dans l'ordre de la Pensée, c'est être "la même chose".... ce qui rejoint d'ailleurs la pratique mathématicienne standard.

    C'est donc à bon droit que je déduis que le Mal ne saurait être, par définition, absolu, et que donc si ma thèse précédente sur la caractérisation de l'absolu comme développement autonome et infini de la Raison menant à l'Amour absolument désintéressé est admise (et ici elle l'est, puisque c'est notre seul axiome) alors je viens de démontrer que l'expansion autonome et infinie de l'Intelligence rationnelle (ce que j'appelle la Mathesis universalis) ne peut que mener à l'Amour absolu entre les hommes qui la mettent en oeuvre véritablement et fidèlement.

    Cette démonstration est elle fiable ? non si l'on attend une démonstration qui soit formelle et mathématique. Mais l'on sait que le grand Descartes doutait même de celles là, et que sa "démonstration" mettant en évidence le "cogito" (dans les Méditations) est jugée comme "supérieure" en évidence apodictique aux démonstrations mathématiques...

    (à suivre)


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