J'apprends ce jour même qu'Al Qaida, par la bouche de son führer Oussama Ben Laden, menace l'Europe de représailles sévères parce qu'elle a laissé publier les caricatures du Prophète.
Ainsi il est maintenant évident que la haine de l'Islam contre tout ce qui entend rester libre et ne pas se soumettre à ses diktats n'a rien à voir avec les problèmes de la Palestine ou l'intervention américaine en Irak. Cette haine, cette volonté satanique d'asservir le monde entier à une "loi" d'opression et d'injustice, imaginée par des tribus barbares du temps d'avant la science, proviennent directement du Coran, qu'il est donc important d'analyser librement, verset par verset.
C'est d'autant plus important que le Dieu du Coran, qui n'est autre que le Dieu d'Ibrahim-Abraham , cette Idole sanguinaire qui demande à Abraham de sacrifier son premier-né Isaac (ou, chez les musulmans, Ismael) , est à peu près aux antipodes du Dieu des philosophes et des savants, dont ce blog entend faire l'étude... petite parenthèse, il y a lieu de s'interroger et de s'horrifier devant cette "concurrence du sang", les juifs réclamant "leur" Isaac (ou en hébreu "Yitshaq", celui qui rit) comme victime, et les musulmans "leur" Ismael. La guerre à laquelle nous assistons n'est elle pas ainsi en germe dès le début des relations entre les deux religions ?
Commençons donc la lecture des premiers versets de cette longue sourate 2:
"Alif lam mim"
C'est le début, trois lettres arabes, devant lesquelles les commentateurs et amateurs de mystère ont échafaudé les hypothèses les plus rocambolesques. En réalité, comme le révèle le récent "Une lecture juive du coran", les choses sont simples : il s'agit d'initiales d'une phrase en trois mots de l'hébreu, qui est : "Amar li momre" et cela signifie : "Mon maitre m'a dit"
Comme l'ont révélé depuis longtemps les travaux érudits d'Hannah Zakarias, résumés dans le livre de Joseph Bertuel : "l'Islam : ses véritables origines", c'est un rabbin de La Mekke qui a initié le jeune Mohammed au monothéisme biblique en vue de créer un "monothéisme pour les arabes", qui ferait contrepied au christianisme alors en plein essor. Voir par exemple sur l'ancien blog :
http://www.blogg.org/blog-30140-billet-l_islam_et_les_femmes-585697.html
Plusieurs sourates commencent ainsi par des lettres isolées, et les gogos naïfs (ou ceux qui les manipulent) ont passé leur temps à deviner le sens de ces énigmes sacrées !
mais il n'y a là aucune énigme et aucun mystère : le Coran est d'inspiration hébraïque, c'est juste un "pot-pourri" très simplifié, à l'usage de gens très "simplets", des fables de la Torah, et il s'agit là d'un nouvel exemple du goût des rabbins et autres kabbalistes pour les jeux de nombres et de lettre. Un autre exemple en est les "grandes lettres" qui parsèment le texte du Tanakh(= Torah nabiim kethoubim, soit la Torah, les prophètes et les "Ecrits" dits sapientiaux comme Proverbes, Job, etc...), la première étant le Beith initial de "Genèse" (="Bereshit"), la seconde étant il me semble un "Vav" se situant exactement au milieu (en termes de nombres de lettres) du texte du Lévitique; là encore les gogos se sont extasiés : quel miracle ! il doit y avoir un sens caché. D'autant plus qu'à cet endroit le texte mentionne le mot "Nahash" = "serpent". Là, la peau des neuneus en mal d'occulte se hérisse ! mais il n'y a aucun miracle : ceux qui ont composé ces textes, qui n'avaient rien à foutre de leurs journées, ont compté les lettres patimment (cela fait quand même des milliers de lettres) et ont choisi juste le milieu pour glisser leur grande lettre "Vav", comptant ainsi étonner la galerie à peu de frais. Et cela a marché !
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre vache "Al baqqarah", c'est le titre de la sourate.
Verset 2 : "C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux"
si je comprends bien : c'est le Livre qui affirme à propos de lui même qu'il n'y a aucun doute sur sa véracité. Mais qui garantit ces affirmations ? Allah ? mais qui a vu Allah, qui lui a parlé ? le Prophète ? le Maitre rabbinique du Prophète ? et nous devrions les croire sur parole ?
Mais que penserions nous d'un traité de mathématiques qui commencerait ainsi : "il s'agit ici d'un livre contenant des théorèmes au sujet desquels il ne peut y avoir de doute, aussi n' y trouvera t'on pas de démonstrations" ??? que penserions nous d'un policier, ou d'un juge d'instruction qui dirait : "cette personne est coupable, il n'y a là dessus aucun doute, pas besoin de preuves" ?
"Les démonstrations sont les yeux de l'âme" disait Spinoza ; si nous supprimons les yeux, comment nous orienterons nous ?
On décèle ici l'opposition et l'incompatibilité radicales entre deux manières de concevoir le monde et la vérité : la Raison occidentale, en quête de procédures toujours plus précises et plus affinées de preuves et de démonstrations (cf Brunschvicg : "le vrai, c'est ce qui est vérifié") , et le fanatisme oriental à l'oeuvre dans le Coran (comme d'ailleurs dans la Bible ou dans les Vedas hindous) pour qui la vérité vient d'En Haut , et a été dite une fois pour toutes sans qu'il y ait besoin de vérifier ces dires antiques ? je répète que l'Occident dont il s'agit ici n'a rien à voir avec les "occidentaux" actuels , complètement dégénérés pour la plupart et trouvant refuge dans un relativisme qui leur permet d'éviter de se fatiguer à effectuer le travail de la recherche et de la preuve.
Les "pieux", c'est à dire les croyants en l'Idole d'Abraham, ont besoin d'un guide extérieur, livre ou imam ou rabbin ou prêtre; les élèves en philosophie n'ont besoin que de leur Raison, leur Verbe intérieur et intime , que Brunschvicg oppose, au début du "Progrès de la conscience", au Verbe proféré, au Verbe-Langage, se référant aux deux sens du mot grec "Logos".
Les "pieux", qui sont aussi les "acousmatiques" de l'Ecole pythagoricienne, sont esclaves du Verbe-Langage ; les "mathematikoi" parmi les pythagoriciens, les "rationnels", n'ont besoin d'aucun guide ni "maitre", ils sont autonomes.
Le doute doit aussi nous faire penser à Descartes, qui trouve une certitude apodictique mais au moyen d'une procédure de doute radical, au cours de laquelle il remet en question tous les livres, tout le savoir accumulé, toutes les "vérités" existantes. Descartes (bien qu'il reste chrétien) et Spinoza représentent le moment où l'humanité quitte l'état d'enfance et de rêverie qui est celui du Coran et des livres "sacrés" et s'affranchit de la tutelle mystificatrice des croyances collectives héritées du passé de la tradition et du groupe ethnique. Le moment, en somme, où l'humanité s'achemine vers l'état adulte.
verset 3 : "qui croient à l'invisible et accomplissent la Salât et dépensent (dans l'obéissance à Allah ) de ce que Nous leur avons attribué"
chaque fois que je discutais ( j'emploie l'imparfait car j'y ai renoncé....perte de temps) avec un "croyant" c'était l'objection qui m'était adressée le plus souvent : "la différence entre nous c'est que toi tu es matérialiste, tu ne crois que ce que tu vois et touches, tandis que nous nous croyons à l'invisible".
Ce discours ne tient évidemment pas, outre qu'il est assez méprisant envers l'autre. D'ailleurs, "l'invisible", cela ne veut rien dire : la science moderne a reculé très loin les limites du visible, à tel point que l'on peut maintenant "voir" (avec les instruments approppriés) des galaxies situées à d'énormes distance de nous, ou bien, dans le domaine de l'infiniment petit, des électrons (on dispose de photographies d'un électron).
Mais cela n'a guère d'importance aux yeux de la philosophie idéaliste critique qui est celle qui sous-tend les thèses de ce blog: ce qui compte n'est pas le "visible", l'extériorité du monde, mais les outils (mathématiques et logiques) de l'approche conceptuelle qui nous permet de le comprendre. Entre le choc de la sensation et l'ineffable (qui n'est pour nous qu'un songe creux) des effusions mystiques se déploie le domaine de l'Esprit universel, ou de la Raison , et de son incessant travail de (re)configuration, d'élaboration intellectuelle et conceptuelle, de vérification, et d'unification sans cesse plus intégrée. L'Un ne doit pas être conçu comme une substance "étant là immobile", mais bien comme cette incessante, et progressive, unification : il n'y a pas de terme à ce processus, qui se déroule dans le Présent éternel de l'Esprit, il est donc Infini : il s'agit du Dieu en acte des philosophes et desSavants.
La Salât et la Zakât (l'aumône) sont de nature formelle, elles correspondent aux prescriptions du droit coranique, avec les châtiments qui vont avec en cas de désobéissance; cette générosité n'a donc aucune valeur spirituelle. Seul ce qui est libre et gratuit, sans idée de rétribution ou de punition, en a une....
verset 4 : "ceux qui croient à ce qui t'a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi, et qui croient fermement à la vie future"
en somme, les "pieux", agréés d'Allah, sont ceux qui "croient" à des choses qui ne leur ont pas été adressées en personne, directement, et à des fables invérifiables et surtout ridicules sur une "vie après la mort". Mais celui qui veut vivre éternellement est quelqu'un qui entend éterniser sa petite personne et ses petits idéaux mesquins, quand ce ne sont pas ses pulsions biologiques (de coït, notamment). A cette éternité de pacotille, qui est du domaine de l'imagination, s'oppose le présent éternel et immanent de la réflexion intellectuelle, tout comme le Dieu des philosophes s'oppose à l'Idole abrahamique...
de toutes façons le Coran se contredit puisqu'il se livrera ailleurs à des attaques en règle contre "ce qui a été descendu avant" (Torah, Evangile) considéré comme "falsifié par des hommes"... pour ne pas parler des autres Ecritures sacrées (Vedas hindous par exemple) considérés comme impies et à brûler..
Venons en à la "vie future" : c'est là sans doute le principal point de divergence entre idolâtries abrahamiques ou hindoues avec leur conception d'une éternité et d'une immortalité imaginaires, promises aux "croyants" pour "après la mort", ou "dans l'Autre monde, le monde futur", et éternité véritable de la religion philosophique , qui n'est rien d'autre que l'immanence spirituelle absolue, expliquée par exemple par Spinoza, ou Brunschvicg, à longueurs de pages... (je dois cependant noter, pour être tout à fait honnête, que l'immortalité comme perpétuité imaginaire semble absente du judaïsme authentique, avant sa contamination par des influences chrétiennes , gnostiques ou autres dans certains écrits kabbalistiques, ainsi que du bouddhisme originel, qui adopte sur ce point une attitude strictement agnostique complètement dépassée par la certitude absolue obtenue par la philosophie de Spinoza ou Brunschvicg (puisque l'immanence rationnelle est par définition l'objet d'une certitude apodictique (le Bouddha dit quelque part : le problème de savoir si l'arhat, le libéré vivant, existe ou non "après la mort" est une perte de temps et d'énergie spirituelle qui n'aide aucunement à progresser vers la libération).